D'un anachronisme féminin au 21e siècle.
La première fois que je l'ai vu, elle portait une légère robe. Elle m'aurait dit qu'elle venait des champs, je l'aurais cru. Cette fille aurait pu tout me faire croire. Alors que je savais que seul le béton, les voies rapides et les usines nous entouraient. Elle traversa la ville nouvelle comme un ange, comme une déesse dont on nous parle dans l'histoire grecque. Elle traversa ce monde d'imbéciles sans aucune prétention, juste celle d'avancer. Son but était simple, rentrer chez elle. C'était mon cas aussi.
C'est de ces jours où la vie montre qu'elle peut être belle. Aujourd'hui, j'avais gagné le gros lot. C'était moi qui raccompagnait la jolie demoiselle. En sachant cela j'avais envie d'embrasser l'examinateur du permis de conduire qui m'avait permis de détenir le papier qui me donner l'occasion de déposer chez elle cette belle demoiselle.
Elle était jolie, comme le disait le monsieur dans la chanson qui portait son prénom. Elle ne donnait aucun signe de vulgarité, juste de la tendresse, de la douceur, une envie d'efflorer sa peau du bout des doigts, comme pour ne pas abimer une femme de si grande rareté en notre temps.
Et pourtant, j'avais la langue dans la bouche de sa petite soeur. Je tenais la main de celle agée de quinze ans, plutôt que de me consacrer à séduire celle de quelques mois de moins que moi. Je sortais depuis quelques minutes avec la plus jeune que déjà je le regrettais.
C'était une erreur de timing. Un gros problème d'emploi du temps. J'avais passé l'après-midi à m'abaisser à un esprit collègien, alors comment remonter au niveau lycéen en si peu de temps ? Je passais pour un garçon desespéré.
Sur le chemin du retour, sur la banquette arrière, la belle Lili m'intriguait. Comment pouvait-on ainsi avoir deux filles à si peu d'année d'intervalle, réussir si bien l'une et raté de telle manière l'autre. Est-ce que la machine à faire de si merveilleuse créature n'avait pas eu le temps d'être rechargée en deux ans ?
Je ne cessais de penser à elle. De penser à ce destin raté, à cette tristesse de s'être trompé à l'aiguillage.
D'un lundi ensoleillé, on me demanda si je voulais la revoir. Je compris doucement que cette proposition emmanait d'elle. Mon entouthiasme fut grandissant de ne pas avoir perdu un tel être.
Dès cette première rencontre ensemble, elle confie sa main à la mienne. Elle colla ses lèvres au miennes. Tant de douceur. Je ne pouvais m'empêcher la comparaison entre les soeurs. L'une me donnait la sensation que j'allais me prendre un coup par tant de violence dans ses comportement amoureux. L'autre, ma chère et tendre, me donner le sentiment de décoller sur un petit nuage. Ce sentiment de légèreté d'un baiser réussi, d'une union parfaite, d'une parfaite harmonie entre deux êtres.
Nous avions des volontés communes, profiter de la vie, profiter ensembles des ces instants. Faire l'amour avec, c'était rouler des heures durant dans la neige froide, en ayant la chaleur de son coeur pour me réchauffer.
Nous partageames des instants inoubliables. En quelques jours, je savais que j'aurais voulu créer un monde virtuel, un monde secondaire, rien qu'à nous. Nous protéger de l'érosion de temps. Pour nous permette de faire perdurer cet amour de titan entre nous. Des sentiments si fort, mais surtout pas trop fort.
à 19:17