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La puissance de la révolte d'un enfant dans un corps d'adulte

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L'attaque du théâtreux

Je revis Lise un soir au détour d’une soirée. Comme trop souvent j'avais cédé à des amis qui avaient insistés pour que je sorte, pour que je les suive, pour que enfin je m’éclate. Je me demande pourquoi je dis amis. Il serait si simple de dire connaissances, casse-pieds ou même boulets, car je crois que réellement c’est ce dernier terme si peu élogieux qui qualifie si parfaitement de telles personnes.

Ils étaient venus sonner chez moi. Le bruit strident et continu de l’interphone m’obligea à le décrocher. Je put y entendre ces parasites saturer mon air via le long fils qui relier mon mur du second à la rue. Plusieurs fois j’avais songé à retirer mon nom de la sonnette, mais ils auraient été capables de sonner dans tout l’immeuble. Ce qui était certain, c’est que en entendant cette horrible machine jaunâtre me prévenir que j’avais de la visite, je regrettais, six mois après mon emménagement, de n’avoir toujours pris le temps de la démonter afin de me débarrasser de l’affreux son.

Alors je l’ai décroché, je leur ai ouvert, je les ai vu toucher à tout ce qui exprimer mon matérialisme et ai été spectateur de la visite de ma cuisine, frigo et bar. Les chips, les bières, le Malibu ou le mousseux n’ont pas fait long feu ; il ne leur fallu pas plus longtemps pour trouver le sachet de cacahuètes et avoir envie de frites en voyant la friteuse.

Ils me proposèrent d’aller faire un tour à une fête. Ce n’était pas loin, mais il fallait tout de même prendre ma voiture. Trop fatigué pour lutter, j’acceptai. Je passai plus de temps à trouver une place pour garer la Punto que si nous étions venus à pied. Nous montâmes dans l’escalier jusqu’au second étage d’un vieil immeuble très chic. Dès le couloir, on pouvait entendre la musique, un mélange de rap, rock et rnb. Malgré, tout, je tentais de me persuader que j’allais passer un bon moment.

En ouvrant la porte, je compris l’ambiance qui régnait dans l’appartement. C’était un quatre pièces des beaux quartiers. A l’intérieur, l’odeur de cigarette et de joint me dérangea. Mais ce n’est pas de ça dont je me rendis compte immédiatement, mais de la quantité de personnes dans la place. Des filles mignonnes, déjà croisées pour certaines, étaient présentes. Parmi celles-ci, quelques-unes étaient réellement ravissantes. J’en apercevais même qui se révélaient pouvoir être à mon goût ; mignonne, attirante et vulgaire juste à point. J’avais bien fait de mettre ma veste achetée chez Burton quelques jours auparavant.

Je me rapprochai d’un cercle de personnes dans lequel je reconnaissais plusieurs têtes. Je saluais l’ensemble du groupe. J’en sentais réellement agacés de ma présence, d’autres plutôt contents ou enchantés de me voir.

Et c’est ce moment que Lise choisit pour apparaître, cachée derrière Magalie et Stéphanie. Quand elle me vit, elle sembla surprise. Je ne saurais savoir si son sourire signifiait du plaisir à me voir ou encore de la rancœur de notre vieille histoire. Elle était toujours très belle, le visage rond de la personne heureuse, loin des cernes et des traits tirés que je devais arborés. Derrière elle, un garçon la suivait. Je me doutais qu’il s’agissait du fameux Quentin, son mec.

Rapidement, par je ne sais quelle opération, j’eus l’impression que l’ensemble était moins triste. Benjamin avait beau m’apporter mon cinquième verre, je me rendais bien compte que nous étions de moins en moins de personnes dans le groupe et qu’il ne restait plus que Alexandra, Lise, Quentin et moi-même. Je finis donc par me sentir obliger de parler avec Quentin. Durant cette conversation, Lise, à son bras, ne cessait de sourire. J’avais du mal à distinguer lequel des deux exhibait l’autre. Matcho que j’étais j’en conclue qu’il l’exhibait à la même manière que j’étais fier de ma belle tenue fraîchement acheté.

J’appris donc qui il était. En plus d’être l’heureux locataire de cet appartement que j’aurais bien aimé avoir, j’appris qu’il jouait au basket, jouait de la guitare et était théâtreux. A ce moment là, je m’interpellai sur ce qu’il restait à des types tel que moi face à des gars de cette espèce. J’étais clairement insupporté par ce type, il était tout ce que je haïssais. Ce genre de personnes qui ont trouvé un sens à leur vie. Des loisirs tous plus ridicules ou inutiles les uns que les autres, mais qui malgré tout leur permet de s’afficher de manière supérieur face à l’écrivain que je suis.

Mais le plus malheureux dans tout ça, c’est que je n’arrivais à le lui reprocher. Il semblait sympa. Et le tout était de constater que Lise avait l’air plus heureuse avec lui qu’elle ne l’avait été avec moi. C’est cela même qui me permet de conclure qu’il doit tout de même être un con, car seul un con peut plaire à Lise.

 

Sans prévenir personne, je me cassai. Il est certain que dès le lendemain, on parlerait d’un « coup de théâtre » concernant mon départ. Ca leur ferait un sujet de discussion à tous mes fameux amis. Je ne repris pas la voiture et décida de marcher à travers la ville. J’avais froid et constatais mon manque de charisme dans ma démarche. Aucune fille que je n’aurais croisée n’aurait eu envie de me connaître ou parler avec moi. (ainsi à presque une heure du matin). Si au moins je fumais une cigarette, j’aurais eu plus d’allure. Malheureusement, je ne fumais pas et n’avais jamais fumé. Pendant longtemps j’y avais pensé. Il est vrai que les fumeurs ont beaucoup d’atout. La tenue d’une cigarette fournit une présence et une excuse pour demander du feu. Tant que vous avez une cigarette dans la main, vous maîtrisez mieux une conversation.

 

Quelques années auparavant, je m’éclipsait des fêtes pour aller rejoindre une fille. J’avais plaisir à me dire qu’ils devaient me prendre de haut, moi qui ne savait pas m’amuser, alors qu’aux moments où il pensait ça je m’amusais avec une fille exceptionnel.

Mais il fallait bien que je me rends compte qu’avec l’âge, cela était passé et que tout ces gens me fatiguaient.

Ecrit par WiPix, le Mardi 18 Avril 2006, 23:09 dans la rubrique "Vie de Pix".